_Mademoiselle Smile ! Mademoiselle Smile ! J'étais avachie sur mon classeur de technologie, alors que Mme Aflaca me postillonait dessus. Je m'étais toujours demandé comment cette veille peau avait pu se marier. _Je vous ai mis 18 à votre devoir. J'entendis derrière moi les rires étouffés de mes camarades, tout le monde savait que j'étais la chouchoute de cette prof', ce qu'elle ne savait, elle, cest que je la détestais. Puis, je regardai ma montre, plus que 5 minutes et ce cours et cette journée ne serait plus qu'un mauvais souvenir.
Plus tard, mon amie, Adélaïde et moi étions à deux pas de ma porte. _A demain Mona ! me lança-t-elle avant de me quitter. _Ouais, salut. lui répondis-je alors. Lorsque j'entrais chez moi, je me rendis tout de suite compte qu'il n'y avait personne. D'habitude j'entendais les gloussements de ma mère quand mon père racontait je ne sais quelle blague débile qu'il avait apprise au collège. Mes parents sont professeurs, ma mère enseigne l'anglais et mon père est instituteur pour des maternelles. Normalement, le mardi, ils finissent tous les deux a 16h00. Ils sont sûrement partis faire des courses ou une petite promenade en amoureux. Bon je vais faire mes devoirs mais avant un verre d'eau ne serait pas du luxe. Etant donné que l'évier était bouché dans la cuisine, je dûs aller dans la salle de bain. En me regardant dans le miroir je vis mes cheveux bouclés roux flamboyants qui allaient à merveille avec mon teint porcelaine, mes yeux verts émeraudes et ma taille de guèpe. Je n'étais pas si mal, je pourrais peut-ètre plaire a Tim, le plus beau garçon de la classe. _Allez hop ! Maintenant au boulot ! dis-je pour moi-même.
Après deux heures de dur labeur, j'avais enfin fini la corvée. Je descendis les escaliers en repensant a tout ce qui m'étais arrivé, comme si, arrivée en bas il y aurait quelque chose d'horrible. Ce n'était peut-ètre pas faux. Je revis le jour où l'amitiée m'avait liée à Adélaïde, nos disputes et nos secrets... Ma vie n'était pas parfaite mais j'étais heureuse. Jusqu'à ce jour qui ne devais pas arriver. J'entrais dans la cuisine, c'est de là que provenaient les bruits. Lentement, je poussais la porte, m'attendant au pire, peut-ètre y avait-il un voleur ? Je sentis mon coeur battre à chamade et ma respiration s'accélérer. Lorsque j'eûs une vue d'ensemble sur la pièce, je vis ma mère assise sur une chaise, des médicaments posés à cotés d'elle. Elle était en pleure et ne comprenant pas son état, je lui demandai : _Qu'est ce qu'y ne va pas Maman ? _Rien, rien, ma chérie, me répondit-elle en pleurant de plus belle. Ma mère n'aimait pas beaucoup parler de ses problèmes. _Tu es malade ? dis-je en désignant les médicaments. _Non, non, ne t'en fait pas, je vais bien. _Où est papa ? _Il corrige des devoirs à son travail. _Mais Maman... Papa travaille dans une maternelle...! _Ah oui ! J'ai dûs confondre, il doit être à la réunion trimestrielle de la maternelle. Je trouvai ça bizarre, vu qu'elle était la semaine dernière. Mais je ne dis rien.
La nuit fut horrible. Ne fermant pas l'oeil, j'imaginais les pires scénarios au sujet de mon père : peut-être ma mère l'avait-elle-tué sous le coup de la colère, ou nous avait-il tout simplement abandonnées ? Peut-être trompait-il ma mère ? Peut-être... Peut-être... tant de choses me traversaient l'esprit...
Le lendemain matin, mon géniteur n'était toujours pas rentré et ma mère prétexta qu'elle était malade pour ne pas aller travailler. Je montai dans sa chambre où elle s'était enfermée hier soir, en frappant à la porte, je pris mon courage à deux mains : il fallait que je sache la vérité. _Maman, je dois savoir où est papa. Je fus surprise par mon ton que je ne voulais pas aussi autoritaire. Un long silence suivi mes paroles. Puis ma mère craqua : _Ma puce, viens t'assoire, tu sais ce n'est pas toujours facile la vie de couple. Il faut savoir être patient, à l'écoute de son conjoint... Mais il y a des jours, des jours où c'est plus difficile... et hier... hier... hier c'était un jours comme ça. Ton père allait de bar en bar et je le supliai de rentrer à le maison. A un moment venu, où je lui dis qu'il lui faudrait consulter un psy qui réglerait son problème et que tout rentrerait dans l'ordre, une violente dispute éclata et il pris sa voiture et partit... Après ce récit, pour la énième fois, celle qui m'avait donné la vie sanglota. N'en pouvant plus je pris mon sac et sorti de chez moi. Une fois dehors, je pleurais tout mon saoûl. Je pris la décision de rejoindre Adélaïde devant sa maison, elle seule saurait me consoler.
J'aurais préféré que tout cela se passe un autre jour car nous étions mercredi et qu'il y avait collège. Arrivée au 33 rue des glaieuls verts, mon sang se glaça, devant moi se tenait Tim embrassant Adélaïde ! Dans ma tête, je revis le jours où j'avais confié à la fille qui se tenait en face de moi que j'aimais le garçon qu'elle venait d'embrasser. Cette personne qui avait été ma meilleure amie pris un air faussement horrifié. _Oh...heu...salut Mona. Je ne m'arretais même pas pour répondre, je pris la direction du collège, tête haute, pour garder ma dignité.
Première heure, cours de technologie, comme si les choses ne pouvait pas aller plus mal : mon père était parti, mon ex-meilleure amie m'avait trahi et en plus il fallait que je supporte la vieille Aflaca pendant une heure. Alors qu'elle m'interrogeait pour que je réponde à je ne sais plus trop qu'elle question, un désire me pris de lui dire d'aller se faire voir. Comme si, toute cette haine que j'avis en moi devait sortir. Je n'était plus moi-même... _Alors Mona ? La réponse je vous pris. Sa vieille voie chevrotante me donnait des envies de meurtres. _Comment voulez vous que je le sache c'est vous la prof ici, nan?! M'entendis-je dire sur un ton insolant. _Mlle Smile êtes vous sûre que ça va ? _Non mais sa te regarde vielle peau ?! Mon ton devenait de plus en plus agressif, et plus je parlait plus ma rage s'intensifiai. _Ma petite Mona, si vous continuez je serai dans l'obligation de vous mettre en retenue. _Et bien allez-y ! C'est tous ce que vous pouvez faire de toute façon, vu que je suis votre petite chouchoute !!! _Mona, je... Mais j'avais déja quité la classe, en claquant la porte.
Alors que j'arrivais au portail du collège, je vis une fille d'à peu près mon âge, les cheveux noirs, une forte dose de maquilage noir sur la figure et, pour changer, des habits noirs. Elle s'approcha de moi et dit : _Qu'est ce que tu fait là toi? T'es malade ? _Je sèche. lui répondis-je d'un ton morne. _T'avais qui là ? _Aflaca ! Et toi qu'est ce que tu fait là ? _A ton avis, J'apprend mes leçons ! _ Ah ouais vachement! On dirait pas! _He ! Humour ma vieille! Au fait moi c'est Abi et toi t'es qui? _J'chui Mona. T'as quel âge? _T'es de la police ? non j'rigole !!! J'ai 14 ans et toi? _14 aussi. La conversation s'arrêta là. Au moment où j'allais partir, elle me proposa : _Tu veux une clope ? J'allais répondre que je ne fumais pas, mais je me dis qu'au point où j'en étais, ça ne pouvait plus me faire de mal. _Ouais, ok. Alors commença ma nouvelle vie... _Zut, j'en ai plus sur moi ! Ma bande en a sûrement. Tu veux venir ? _Ouais, pourquoi pas ? Elle me prit par le bras et m'entraina dans une ruelle sombre. Après être passée devant un bar, je vis un taudis qui devait probablement être leur "planque" que ma nouvelle amie m'avait décrite durant le trajet. C'était une vieille cabane en taule, avec, à l'intérieur, quelques sièges et une forte odeur de tabac. _Et les mecs ! J'ramène quelqu'un ! Elle s'appelle Mona ! s'exclama Abi. _Salut, moi c'est Van' ! se présenta une fille au teint mat. _B'jour j'chuis Joe... ajouta un gars qui m'avait l'air sympa. _Hello, mon prénom c'est Jake. me sussura un autre adolescent, plutot mignon, qui me scrutait des yeux. Un autre individu était affalé sur une chaise et me regardait avec méfiance. _Lui, c'est Dylan, m'informa Joe. _Tiens, ta clope, fit Abi pour changer de sujet. Je la pris en la regardant d'un air que j'espèrai assuré. Alors que je portait la cigarette à ma bouche, Van' m'avertit : _Il faut d'abord l'allumer ! Là, je me sentit bête, je pris le briquet qu'elle me tendait et embrasai le mégot. Une fois ceci fait, j'inhalai une première bouffée que je trouvai horrible, je me mis à tousser, ma gorge brûlait puis la nausée s'installa en moi. Mais ne voulant pas perdre la face devant mes nouveaux amis, je respirai encore le fumée immonde que dégageait cette chose. Mais au moment ou j'allais finir mon suplice, Dylan bondit vers la fenêtre et s'écria : _On s'barre !! V'la les fics !! _Qu'est c'qui s'passe ?! m'affolais-je. Au lieu de me répondre, cet espèce d'énergumène me toisa, alors, Jake m'expliqua : _On doit se tirer, les flics débarquent !!!! _Les flics !! Comment y savent où s'est planqués ??? beugla Joe. _A ton avis ??? C'est à cause de l'autre pouf qu'Abi a ramené !! brailla Dylan sur un ton accusateur, le regard plein de haine. _Mais... Je... c'est... balbutiais, tentant de m'innocenter. _La ferme Dylan !! Quand est-ce que tu veux qu'elle les ai prévenus ?? hurla Abi pour se faire entendre, Maint'nant faut décider, ou on reste ici a s'piailler dessus ou on dégage !! La première proposition n'étant pas particulièrement alléchante, nous arrêtâmes de nous chamailler pour regarder dehors, je vis les policiers vers d'autres bandes de la rue et un particulièrement s'approcher de l'endroit où je m'étais postée, je pris peur... Nous prîmes une porte dérobée qui menait vers l'extérieur,dans la bousculade Joe m'avait poussé devant et quand j'arrivai au bout de la rue, je vis un policier nous attendant, prêt à nous attraper. Mon sang ne fit qu'un tour, devant mes yeux, défilait des images de moi en prison. Seulement je n'eu pas le temps d'en voir beaucoup, car Dylan se jeta sur l'agent Strombeause, son nom que j'avais lu sur son badge, et l'assoma. L'horreur créa une grosse boule dans ma gorge. Il avait assomé un homme ! Soudain quelqu'un parla et cela brisa mes pensées. _Mona bouge-toi ! M'alerta Van, le ton dur et pressant. Comme une automate, je les suivis dans la fôret sombre qui s'ouvrait à présent à nous sans aucun autre obstacle qui aurait pu nous barrer le chemin. Le trajet ne fut pas long, il prit à peine 10 minutes, et je me rendis compte que mes camarades connaissaient bien le chemin. Combien de fois avaient-ils joué ce manège ?
Je ne sûs pas comment j'étais rentrée chez moi, je me rapellai seulement qu'arrivée au 55 rue des glaïeuls verts, il était 20h. _Maman doit être folle d'inquiétude, marmonais-je. J'ouvris la porte et criai : _Maman, c'est moi ! Pas de réponse, elle devait être fachée. Lorsque j'entrai dans le salon, morte d'angoisse, je vis un corps, étalé sur le canapé, je l'aurai reconnu entre mille. _Maman ! hurlais-je, soulagée. Elle ne répondit pas, perdue dans un sommeil extrémement profond. Soudain, quelque chose attira mon regard : mon interlocutrice tenait des médicamment à la main. Sans savoir pourquoi, je les lui pris et ma respiration s'arrêta lorsque je crus reconnaitre le produits. Pour vérifier si mon intuition était bonne, j'ouvris le flacon et sentis, comme je l'avais appris en éducation civique, j'avais eu raison, c'était de la cocaïne. J'étais à bout de souffle, des larmes me montèrent aux yeux, ma propre mère. Je n'eu pas le temps de me lamenter d'avantage, le téléphone sonna.
_Salut, c'est moi, la voix d'Abi résonna dans l'écouteur. _Comment t'as eu mon numéro ? _Tu m'la donné, tu t'rapelle ? Bon j'allais te proposer de revenir avec nous demain mais apparement t'es pas d'humeur. _Nan, nan j'viens. On f'ra quoi ? _Surprise du chef. Puis, elle racrocha. J'eus un mauvais préssentiment, les "surprises" m'avais toujours fait un drôle d'effet.
Sans grand appétit, je me fis un sandwich et montai dans ma chambre, l'esprit plein de pensées que je n'arrivai pas à mettre en ordre. Plusieurs solutions s'offraient à moi : soit, j'appelai l'hopital pour ma mère et on me mettrait dans un foyer, soit, je ne disais rien et ma mère deviendrait accro. Je choisi la 1ère solution. Je me sentis coupable de laisser ma mère dans cet état dans mon seul désir égoïste de rester dans mon chez moi mais je n'avais pas le choix, sinon je ne pourrai jamais la revoir. En tout cas, c'est se que je me disais pour me sentir mieux.
Le jour d'après, en me réveillant, je courru dans le salon pour vérifier si tout cela était réel. Ma génitrice n'était plus là. Affolée, je regardai l'heure, avant de raccrocher, hier, Abi m'avait fixé un rendez-vous pour midi. La pendule indiquait 11h50. J'hésitai à y aller, ma mère n'était plus là et je ne sû quoi faire. Puis, petit à petit, la rage montat en moi, celle qui prétendait être la personne qui m'avait créer ne s'était pas génée pour m'abandonner ! Décidée, je pris mon sac et parti en coup de vent. Arrivée devant le pub abandonné, rue des Gloumits ( plus communément appelée la rue des bourrés ), le lieu de rendez-vous, je ressenti une foule de sentiments que j'avais repoussé hier, aprés avoir jeté mon sandwich et avoir pris 3 somnifères pour me calmer, les 2 premiers n'ayant aucun effet, dans l'espoir que ça me calmerai. Des questions se bousculaient dans ma tête : ça allait de : "Pourquoi mon père s'est il enfuit et où se cache ma mère ?" à "Est ce qu'elle l'avait fait fuir ou bien peut étre qu'elle l'avoit tué ?" puis "Comment pouvais je penser ça d'une femme qui m'aimait ?" et enfin "Mais m'aimait elle vraiment, ou n'étais je qu'un enfant non désiré ?" Aussi loin que je me souvienne, j'avais toujours été plus complice avec mon père, ma mère se contentai de nous regarder jouer, avec une expression qu'à l'époque je trouvais indéchiffrable sur le visage. À présent, j'étais presque sûre que cette expression était du mépris. Puis, toujours en me torturant l'esprit, j'attendis, 1 min, 2 min, 3 min, 5 min... Et enfin au bout de 10 min je vis Jake, Dylan, Abi, Van' et Joe se pointer au bout de la rue. Van' m'aborda en me montrant un tatouage représentant une tête de mort qui fumait : _Hey ! T'as vu ça ? Un vrai travail de pro ! T'en veux un ? Un tatouage ? pensais je, pourquoi pas, après tout ma mère se défonçe alors je peux bien me peindre la peau... _Mouais, ok. _Cool ! s'exclama Jake en me dévorant des yeux tout comme à son habitude. Son atitude envers moi me flattait mais j'aurais préféré que se soit Tim qui réagisse ainsi. Poutant cela ne m'empêcha pas de rougir sous le poids de son regard. _Bon on y va ? bougonnat Dylan. _Toujours aussi aimable celui la, marmonnais je entre mes dents serrées. Heureusement, personne ne m'avait entendu. Après ces échanges de paroles, nous traversâmes la rue des Gloumits et entrâmes dans une petite boutique miteuse. Derrière un comptoir, se tenait un homme très corpulent, tatoué de la tête aux pieds. _Lui, c'est Dusky... me souffla Joe. _Oh ! Mes clients préférés ! C'est pour qui s'coup ci ? À peine avait-on eu le temps de répondre qu'il s'approcha de nous et me dévisagea intensément. Après environ 50 sec de cet examen, il déclara : _Un serpent t'irais bien petite. Je fus choquée qu'il ne me demande pas mon âge pour savoir que si j'étais majeure. Et je trouvais aussi sa voix désagréable, elle était comme celle de quelqu'un qui fumait beaucoup. Puis, je me rapellai que moi-même j'avais fumé pour me faire intégré dans une espèce de bande de racaille. Un léger malaise s'installa en moi, et je me promis d'arréter cette mascarade au plus tôt, enfin, avant qu'il ne soit trop tard et que ma voix devienne rocailleuse. Une voix me tira de mes pensées : _Alors t'es d'accord ? me questiona Abi. _Ouais un serpent ça pète ! répondit-je absente. _On y go ! déclara le tatoueur. Ce fut...désagréable... L'aiguille qu'il utilisa pour me dessiné un serpent fut comme un poignard rentrant en moi.
Le serpent dessiné autour de mon bras m'allait plutôt pas mal, on aurait presque pu croire qu'il était réel. Mes nouveaux amis payère à ma place et nous sortîmes dans la petite ruelle délabrée. Mes camarades m'entrainèrent alors une nouvelle fois dans un boulevard mais celui-ci m'était familier, c'était là que ce trouvait le magasin Gothik'n Shop, magasin où mes parents m'avaient toujours interdit d'aller. À mon grand désespoir, nous entrâmes à l'intérieur. La boutique était telle que je me l'était imaginée : comptoire noir, habits des vendeurs noirs, moquette noire, tapisserie noire et comme pour pas changer marchandise noire ! Cet établissement me faisait penser à Abi. Tout à coup, je sentis une pression dans le dos et j'entendis Van' me lançer : _Bon alors t'es prête ? _Prends un max de trucs, renchérit Joe. Mon cerveau mit un moment à comprendre de quoi ils me parlaient : ils voulaient que je vole ! _Commence par un p'tit bracelet. me conseilla Jake. Mais je n'écoutait presque plus, voler, n'était pas dans mes habitudes. Mais mes habitudes avaient changé, je n'était plus là même. C'était une fille différente dans mon corps, je ne pouvais plus reculer. J'avais décidé de rester avec la bande d'Abi après tout ce qu'ils avaient faient et ce choix était définitif. Après ces intenses réflexions, je pris une décision, j'allai m'éclater, quel quand sois le prix. Et j'allai payé ce prix j'en était certaines. M'approchant discrètement de l'étalage de babioles, disposés sur une étagère, je fis mine d'examiner, un à un, les bracelets noirs, avec de faux piques en argent, sans oublier d'en glisser un ou deux dans ma poche. Durant ce crime, je me sentis mal à l'aise, comme si tout le monde m'observait,mes jambes flageolaient et la nausée monta en moi. Puis, je vis mon amie gothique qui me faisait signe de sortir et c'est à se moment où mon coeur s'emballa, il y avait des détecteurs de vols à la sortie. Je pris néanmoins mon air le plus décontracté pour rejoindre mes camarades, ce n'était pas le moment de se faire prendre. Pendant que nous passâmes, devant ces grands objets métaliques, j'entendis la sonnerie d'alarme qui retentit et mon teint devint encore plus blanc qu'il ne l'était déjà... La sonnerie d'alarme ne parut, cependant, pas inquiéter les autres voleurs car ils repassèrent derrière les détecteur, qui, a mon grand étonnement, ne sonnérent pas. Intriguée, je promenai mon regard partout afin de comprendre se qu'il se passait et mes yeux s'arrétèrent sur une poubelle, à l'extérieur du magasin, où étaient posés, à l'abris des regards, une multitude de petits bibelots. Ayant compris la technique de mes compagnons, je fis comme eux, sauf que je posai ma marchandise dans ue petite fissure du coin du mur où seules les souris pourraient aller la chercher. Au bord de la nausée, je réussi tout de même mon coup. Aprés avoir récupéré mes babioles, je rejoignis mes condisciples qui étaient sortis du magasin depuis belle lurette et un sourire victorieux leur monta aux lèvres. _J'étais sûr que tu pigerais le truc ! me félicita Joe. _Mouais, bravo, ronchonna Dylan. Je n'en aurais pas attendu plus de ce boudeur, de sa part, c'était presque un compliment.
Pour fêter notre victoire, nous nous rendîmes au 36 rue des Gloumits où se situait un bar. Si l'on appelle cette rue la rue des bourrés, ce n'est pas pour rien, elle a, en effet, la réputation de contenir le plus de bar de la région, et les clients de ces charmants endroits sont, pour les trois quarts, des poivrots de la pire espèce. Jake ouvrit la porte et m'invita à entrer. Il régnait, dans ce lieu, des odeurs d'alcools, de pesticides et de moisis parfaitement répugnantes ! Cela me faisait penser à des films d'horreurs, quand la jeune héroïne se retrouve dans un lieu où elle ne devrait pas être, mais mon soulagement d'avoir réussi l'épreuve précédente m'empêchait de trop y penser. Mes amis me conduirent à une petite table au fond du bistrot, un coin sombre et peu peuplé. Il me sembla qu'une araignée avait élue domicile sur une des chaises, mais je ne dit rien de peur d'attirer les moqueries. _Viens t'assoir, me proposa Van'. Comme un robot, je me dirigait donc vers un morceau de bois pourri où je me laissait tomber. J'entendit la plainte du meuble sous mon poids, et je rougis. Je souris pour cacher ma gène et Jake parut amusé par ma réaction. Un serveur vînt pour que nous passions notre commande, et ce fut Abi qui répondit : _Six bières. C'est bien ça que tu veux Mona ? Douze yeux se posèrent sur moi et je faillit dire non. Mais avec la pression des derniers évènements, le fait de vouloir me faire accepter par cette bande de loubards et aussi l'idée que, de toutes façons, je n'avais pas la possibilitée de reculer m'aidèrent a décider, je fis un hochement de tête, à contrecoeur, pour montrer mon affirmation. Et à cela, le gros tas flasque et boutonneux qui était, probablement le seul serveur de cet établissement pourrit, ajouta : _Blonde ou Brune ? _La plus forte, lança Dylan. Puis, petit à petit, mon esprit réalisa, j'allais devoir boire de l'alcool ! Pour la xème fois, aujourd'hui, la nausée me monta à la gorge, et encore pour la xème fois aujourd'hui, je combatis mon dégout pour rester à la hauteur des autres. Le barman partit et revînt presque aussitôt, avec un plateau où l'on pouvait voir notre commande, à la main. Il posa les verres remplis de la substance "interdite" près de nous aussi délicatement qu'il l'était possible avec sa masse corporelle. Rassemblant tout mon courage, je maîtrisai mes tremblements, et saisis d'un air assuré la chope pour la porter à mes lèvres. Je bûs une première gorgée, et je crus que j'allais vomir, cette chose infect était amère et l'on aurait dit qu'ils avaient mixé ensembles toutes les poubelles de la France. Mais je m'intimai de continuer, pour sauver ma nouvelle réputation. Malheureusement, après la huitième gorgée, n'en tenant plus, je me précipitai aux toilettes, pour libérer la matière infâme que j'avais consommé, car celle-ci essayait de se sauver en remontant, avec acharnement de mon estomac. L'odeur nauséabonde qui reignait dans ces sanitaires me souleva le coeur et je crus que je ne tiendrai pas le coup. Mais j'arrivais tout de même à mon but et c'est avec un grand soulagement que j'entrai dans les cabinets. Soulagement qui s'évapora dès que je me rendis compte de l'état dans lequel les W.C avaint été laissés. D'après ce que je vis, j'aurais pu affirmer qu'ils n'avaient pas été entretenus correctement depuis quelques années. Je doutais même qu'ils aient été nettoyés une seule fois depuis leur installation.
Après avoir fait ce que j'avais à faire, je me rinçais la bouche et m'aspergeait le visage. Je jetai un coup d'oeil à mon reflet dans ce qui servait de miroir, une plaque de métal aussi dégoutante et rouillée que le reste de la pièce. A mon grand étonement, je vis une autre silhouette, se tenait derrière moi. Je pris peur en me souvenant des longs sermons de ma mère au sujet du dangers des bars, et j'eu un pincement au coeur en repensant à Elle. Je l'avais abandonnée sur quelque supposition mal fondées et je m'en voulai. J'avais laissée la rage m'envahire et j'avais laissée de côté tous les moments merveilleux que nous avions vécu, Elle, Lui et moi... Je déglutis avec peine, puis, rassemblant tout mon courage, je me retournai et levai les yeux pour voir le fameux visiteur venu me déranger dans ces infâmes lieux réservé aux dames. Je poussai un petit cri en découvrant que celui-ci n'était autre que Jake. S'approchant doucement de moi, il me sussura à l'oreille : _ça va ? Sa voix grave et calme accéléra les battements de mon coeur, et la proximité de son visage me laissa bouche bée. Durant quelques minutes, j'ouvris et fermais la bouche, comme un poisson hors de l'eau, incapable de répondre à une question pourtant si simple. Mais sa présence me troublait, son regard toujours fixé sur moi, ses lévres qui formaient constement un demi-sourire, tout cela me mettait mal à l'aise. Quelques secondes plus tard, avant que je ne comprenne se qui se passait, sa bouche rencontra la mienne et je sentis ses mains se balader le long de mon corps. Mais je m'en fichait, pour la première fois depuis quelques jours, j'étais heureuse, les portes du 7éme ciel s'ouvraient enfin à moi. Pendant cet instant magique, j'oubliai tout mes soucis, du plus infime au plus gros, d'Adélaïde sortant avec Tim à la disparition de mon père...
Après une longue étreinte, il me relacha avec tendresse. Jake me pris la main et m'entraîna hors des toilettes. Durant le chemin qui nous séparait de là où était assis les autres, je me préparai à affronter les réactions, que j'imaginai surprises, des nos amis, et probablement quelques commentaires moqueurs de Joe. Mais, lorsque nous arrivâmes, main dans la main, à notre table, ils parurent à peine le remarquer. Enfait, on aurait dit que nous étions invisibles à leurs yeux. Je pris leur désinstérêt pour de la jalousie de la part des filles, Jake était vraiment très mignon, du dédain pour Dylan, qui, visiblement, me méprisait, quand à Joe, je n'étais pas sûre, mais je pensais que l'hypothése de la jalousie n'était pas à exclure, car peut étre qu'il me voyait plus que comme une amie. Je remarquai leurs verres vides (le mien l'était aussi d'ailleurs) et quelqu'un proposa de partir. A mon grand etonnement, tout le monde accepta. Nous sortîmes donc et chacun de nous se diriga dans une direction differente. J'eus quelques difficultés à retrouver mon chemin, à travers des rues qui m'étaient incconues, et l'alcool n'arrangeai rien. Fatigué, je cherchai péniblement mes clefs dans mon sac, mais ne les trouvant pas, je paniquai. Me rapelan que ma mère avait pour habitude de cacher nos clefs sous un pot de fleurs,au cas où. Je me mis à la recherche de cette satanée cachette et je regraittai de mettre si souvent moquait de cette technique que je considéré veillotte. Une fois entrée chez moi, je jetai un coup d'oeuil au canapé pour voir si ma mère était toujours absente, malheureusement le réponse était oui. Je partis me coucher car ma tête commençait à tourner. Allongée sur mon lit, je repensai à Jake, je m'en voulais de ne pas songer d'avantage à ma mère, mais le fait est qu'elle me faisait ruminer durant de longues minutes lorsque son image s'imposait à moi. J'étais sur le point de m'endormir quand soudain j'entendis la porte grincer. Ma mère étais enfin rentrée, pensai-je. Je sautai de mon lit, dévalai les escaliers pour attérir dans les bras de... Jake. Le goût amer de la déception, s'installa dans ma bouche, mais il ne resta pas longtemps. Car, à quoi pensais-je en imaginant, ne serait-ce qu'un instant, que ma mère allait revenir... Qu'est-ce qu'il me passait à l'esprit lorsque, alors que j'entendais des bruits imaginaires et parfois, dans de rares conditions, réels, je rêvais que la femme qui m'avait abandonnée allait retourner dans notre maison et s'occuper de moi, que tout allait reprendre son cour, comme avant... Mon visiteur nocturne sembla se rendre compte de mon désaroi, étant donné qu'il me lacha. Il prit un air triste et me demanda: _Tu n'es pas contente de me voir ? _Si,si,bien sur...répondit-je avec empressement. Il parut soulagé et je lui proposai de prendre un verre pour me rattraper. Jake accepta et me demanda si j'avais de l'alcool. Je dus répondre à la négative et il grimmaça. Je lui apportai quand même un grand verre de jus de fruit bien frais qu'il but avec dégoût. Il s'installa sur un canapé beige de mon salon et mis ses pieds sur la table basse que ma grand-mère nous avait rapporté d'Italie. Puisqu'il ne m'avait pas consulter avant de faire cela, je fis celle qui n'avait rien vu et acceptai cette intrusion et ce manque de politesse. Je n'avais pas une grande confiance en lui, donc, je ne le quittais pas des yeux jusqu'à ce que j'entende un ronflement sonore provenant de mon compagnon. Je décidai qu'il était temps que je monte moi aussi me coucher. Et, pas plus méfiante, je me glissai à nouveau dans mon lit, pour une nuit plutôt courte étant donné qu'il était 3h.
En me réveillant, le lendemain matin, j'entendis le silence. En temps normal, cela ne m'aurait pas parut bizarre, mais, pour moi, plus rien n'était normal. Je me levai et dès qu'un de mes pieds toucha le sol, un violent mal de tête s'empara de moi. Ignorant la douleur, je descendis tout de même. En entrant dans le salon, je m'aperçus que Jake n'y était plus. L'angoisse s'installa peu à peu en moi et forma une boule dans ma gorge, et je me sentis bête d'avoir penser que je pouvais avoir confiance en lui... Est-ce que tout le monde allait me trahir jusqu'à la fin de ma vie ? Enfin, peut-être était-il tout simplement rentré chez lui en se rendant compte qu'il s'était endormit sur mon canapé. Mais alors, pourquoi ne m'avait-il pas laissé de mot ? Mes idées n'était pas claires, et me souvenant des conseils de ma grand-mère pour se calmer, je décidai e me rendre dans la cuisine afin de me préparer une tisane. Une foi dans la pièce, j'eu l'impression que quelque chose manquait, qu'elle était plus vide qu'avant. Soudain, quand j'eu fini d'observer atentivement les lieux, je sus ce qui était absent. La boite à gros-mots que j'avais fabriquée en CE1 et qui contenai au moins une vingtaines d'euro avais disparu. Je senti la rage montait en moi.Et je me promis de régler son compte, à ce voleur, dès que possible. Comment avait-il put oublier ce qui c'était passée entre nous ? Cela signifait rien pour lui ? Je me sentit blessée, humiliée et par dessus-tout trahie ! Je lui faisais confiance et il m'avait manipulée comme une vulgaire marionette. Comme s'il n'en avait rien à faire de moi. Le téléphone sonna, me faisant sursauter. Surprise, je lâchai ma tasse, qui s'écrasa au sol dans une explosion de porcelaine. Je laissai échappé un juron avant d'aller répondre. Je me préssai un peu, car j'avais dans l'idée, un espoir impossible... J'éspèrai que c'était mon père qui appelait... Je décrochai le téléphone, le coeur battant. Je le mis contre mon oreille, sur le point de m'évanouir, mais prête à sauter de joie si mon intuition était juste. Le souffle court, je lâchai un faible "allô" dans l'écouteur de l'appareil. M'attendant à la voix grave, mais douce, de mon papa, j'eues une profonde déception en entendant celle aiguê et provocante d'Abi. Sur l'instant, je ne pus m'empêcher de la haïr d'avoir fait naïtre en moi cette possibilité, d'avoir détérer de mon coeur des choses que j'espèrai enfouies. Mais ce n'était pas sa faute... _Mona, tu m'écoutes ou quoi ? _Oui, oui, désolée... _Alors, tu s'ras là ou pas ? _Heu..., de quoi tu parles ? J'entendis mon interlocutrice pousser un énorme soupir d'agacement avant de poursuivre : _Sérieux, tu le fais exprès là ?! Bin, tant pis, tu verras si tu viens. Et t'en parles à personne, compris ?! A midi, au p'tit cabanon. _Abi, attends... Trop tard, elle avait déjà raccroché." T'en parles à personne", à qui voulait-elle que je me confie ?... Ma meilleure amie ? Elle m'avait trahie. Mes parents ? Ils m'avaient laissée tomber. Mon médecin ? Je n'avais que ça à faire. Non, vraiment, ce n'étais pas comme si j'étais entourée, comme si quelqu'un se souciait de moi... Cependant, il me restait une chance d'être acceptée quelque part, et je devais la saisir. Même si, pour cela, il fallait que je croise chaque jour le garçon qui m'avait profondemment blessée, que, journées après journées, je sèche l'école. C'était la dure loi de la vie et j'étais obligée de la respecter... J'irais à ce rendez-vous, quoi qu'ils aient préparé. Peut-être voulaient-ils me rajouter un tatouages, ou, pourquoi pas, quelques piercings ? Qu'ils le fassent. Je n'en avais plus rien à faire, j'étais devenue une de ces petites racailles de banlieue, qui se fichait de tout. Et, pour moi, c'était le commencement de la fin...
Pour faire bonne figure, j'enfilai les bracelets que j'avais volé auparavant, me maquillai fortement et mis mes habits les plus sombres, en prenant bien soin de laisser ressortir mon tatouage, pour que tous le monde sache que je n'étais pas, que je n'étais plus, une de ces petites filles sages comme on en voit dans les films ou les pubs à la télé. Pour que tout le monde sache que j'avais changé... Mais pourtant, plus j'approchais de leur planque, de notre planque, plus cette résolution pesait en moi. Je marchai, tête baissée, prenant chaque minute une décision différente concernant mon avenir. Je passai de racaille à jeune fille sage, et de jeune fille sage à racaille sans arriver à me décider sur ce que j'allai devenir. Pourtant, sans le savoir, j'avais déja fait ce choix...
Ma mère m'avait toujours dit que je donnais me confiance trop facilement. À une époque, cela m'était apparu comme une tare horrible, mais à présent les paroles de cette inconnue m'indifféraient.
Je tournai dans une de ces sombres rues qui maintenant m'étais familières, et, une fois arrivée là-bas, je saluai chacun de mes compagnons, mis a part Jake qui n'était pas là. Etrange...